
Le vieux chêne avait dépassé les deux siècles. À cet âge-là, les arbres ne comptent plus les années. Ils comptent les tempêtes auxquelles ils ont survécu. Celui-ci en avait vu passer beaucoup. Les vents l’avaient courbé sans le rompre. Les sécheresses l’avaient éprouvé sans l’abattre. Il avait vu des générations d’écureuils naître et disparaître, des sentiers devenir des chemins puis redevenir des sentiers. Il était devenu une évidence. Personne ne se souvenait vraiment de son arrivée.
On savait bien qu’autrefois il avait été un gland. Mais cette vérité paraissait presque inconvenante. Les évidences n’ont pas d’enfance. Chaque automne, pourtant, il semait des milliers de descendants. Des glands, justement. Ils tombaient à ses pieds. Et là commençait leur attente. Car le … Lire la suite
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